# Veille législative

> Tableau de bord de veille législative française : six sources publiques disparates ramenées dans une seule base, plus de 46 000 enregistrements, recherche instantanée et exports libres.

Étude de cas, projet personnel

Tout est public, et rien n’est au même endroit.

Un tableau de bord de ce qui passe et de ce qui vient de passer au Parlement. Il ramasse en continu ce que l’Assemblée, le Sénat, Légifrance, le Conseil constitutionnel et l’Union européenne publient chacun dans leur coin, et suit un texte du dépôt jusqu’à ses décrets d’application.

**Statut.** **En développement.** Le socle de collecte tourne, et l’interface avance.

**En base.** **Plus de 46 000 enregistrements** issus de six sources publiques.

**Techniques.** React et Node, une base SQLite avec recherche plein texte. **Aucun service tiers.**

**Coût d’exploitation.** **Zéro euro.** Les six sources sont des interfaces publiques gratuites.

## Un texte ne va pas tout droit

Deux couloirs, une chambre en haut, l’autre en bas, et le texte qui serpente entre les deux. Chaque croisement est une transmission ; les paliers sont les lectures, et les creux, les mois où rien ne bouge. Le tracé s’arrête à l’adoption ; les décrets d’application viennent après, et le tableau de bord les suit aussi.

Faites glisser le tracé pour le suivre en entier.

- __**Un croisement**le texte change de chambre : c’est une transmission.
- __**Un palier**une lecture, dans la chambre où il se trouve.
- __**Un pointillé**le texte dort : il existe, mais rien n’avance.

Tracé d’exemple. La forme suffit à voir si le parcours a été calme ou disputé ; réduit à un petit signe, le même tracé se glisse dans une liste et se termine sur un point « le texte en est là ».
En clair

Suivre une loi en France oblige à faire le tour de cinq sites qui ne se parlent pas. Ce tableau de bord les réunit, suit chaque texte de son dépôt à son application, et permet de **demander une version lisible** quand le jargon devient trop épais.
La suite détaille la mécanique.

## Le problème

Le processus législatif français n’est pas caché : il est **opaque par accumulation**. Les dossiers sont à l’Assemblée, ceux du Sénat au Sénat, les textes consolidés sur Légifrance, les décisions au Conseil constitutionnel, les directives à Bruxelles. Chacun publie correctement, et aucun ne publie la même chose de la même façon.

Concrètement, suivre un texte suppose d’aller chercher une archive compressée d’un côté, un fichier tableur dans un encodage d’un autre âge de l’autre, un flux d’actualité ailleurs, un agenda au format calendrier, et une base européenne qui ne répond qu’à un langage de requête inconnu hors du milieu.

Personne ne fait ce travail. La transparence existe donc sur le papier, mais il n’y a **aucun fil conducteur** entre le dépôt d’une proposition et le décret qui l’applique deux ans plus tard.

## Ce qu’il a fallu construire

J’ai commencé par le travail invisible, et l’interface est venue après.
Collecte

### Faire entrer six sources qui n’ont rien en commun

Chaque source a son format, son rythme et ses pièges : archives compressées, fichiers tableurs dans un vieil encodage, flux d’actualité, agendas, requêtes sémantiques, authentification à jetons. Chacune a son module d’ingestion, et toutes débouchent sur le même modèle de données.

En base aujourd’hui : **15 499 dossiers législatifs, 23 268 questions parlementaires, 7 351 scrutins, 7 176 réunions**, auxquels s’ajoutent les textes européens et les décisions du Conseil constitutionnel. La collecte repasse toutes les heures et reprend là où elle s’était arrêtée.

- **15 499**dossiers législatifs.**
- **23 268**questions parlementaires.**
- **7 351**scrutins.**
- **7 176**réunions.**

Six sources, six formats, un seul modèle

- **Archive compressée**à décompresser avant de lire.**
- **Tableur**dans un encodage d’un autre âge.**
- **Flux d’actualité**qui ne garde que le récent.**
- **Agenda**au format calendrier.**
- **Requêtes sémantiques**un langage inconnu hors du milieu.**
- **Authentification à jetons**à renouveler tout seul.**

**Un même modèle de données**C’est la partie que personne ne voit, et celle qui commande tout le reste..**
Arbitrage

La normalisation est la partie ingrate du travail : personne ne la voit, elle ne donne aucune capture d’écran présentable, et c’est là que part le plus gros du temps.

C’est pourtant elle qui commande le reste. Une interface se refait en une semaine ; un modèle de données bancal se paie pendant des mois. **J’ai donc écrit la collecte avant l’écran**, et l’interface est venue se poser sur des données déjà propres.
Interface

### Montrer un parcours qui n’a rien d’une ligne droite

Les sites officiels racontent la vie d’un texte comme une suite d’étapes numérotées. C’est commode, et c’est faux : un texte fait des allers-retours entre l’Assemblée et le Sénat, repart parfois en commission, revient, dort plusieurs mois puis reprend.

J’ai donc laissé tomber la frise linéaire pour deux couloirs, une chambre en haut, l’autre en bas, entre lesquels le texte serpente. **Chaque croisement est une transmission**, et la forme du tracé suffit à voir si le parcours a été calme ou disputé. Réduit à un petit signe, le même tracé se glisse dans une liste et se termine sur un point « le texte en est là ».
Recherche

### Retrouver une entrée parmi quarante-six mille

Une base de cette taille ne sert à rien sans une recherche qui répond du tac au tac. L’indexation plein texte est faite au niveau de la base elle-même, sur les dossiers comme sur les questions parlementaires, avec un traitement des termes qui accepte les tournures réelles des gens et pas seulement la syntaxe d’un moteur.
Restitution

### Ce qui entre doit pouvoir ressortir

Tout ce qui s’affiche s’exporte, en données brutes comme en tableur, et les mêmes informations sont republiées en flux d’actualité et en agenda. Un journaliste peut brancher son propre outil dessus, une association peut suivre un texte dans son calendrier, sans avoir à me demander quoi que ce soit.

L’ensemble s’héberge chez soi et n’appelle **aucun service commercial**. Sur un outil qui traite du débat public, dépendre d’une plateforme privée serait une fragilité de plus.
Compréhension

### LoiClaire, la traduction à la demande

Le tableau de bord vous dit qu’un texte avance et ce qu’il modifie. Il ne dit pas ce que ça change pour vous, puisqu’une loi reste écrite comme une liste de corrections à appliquer ailleurs.

D’où le bouton qui manque partout ailleurs : **vous demandez la version lisible, et elle est calculée**. LoiClaire reconstruit chaque article de code avant et après, puis en tire une traduction en français courant. Le traitement étant lourd, il se déclenche à la demande du lecteur, au lieu de tourner sur tous les textes en permanence.

C’est un projet à part entière, utilisable seul, et celui sur lequel je passe le plus de temps en ce moment. [Lire l’étude de cas de LoiClaire](https://noah-baron.fr/loiclaire).

## L’interface

Quatorze vues en tout, du tableau de bord à l’archive historique.

## Ce qui marche, ce qui manque

Le socle est en place, et c’est la partie la plus difficile : six sources disparates ramenées à un même modèle, plus de quarante-six mille enregistrements, une recherche qui répond, des exports qui fonctionnent, et une centaine de correctifs ciblés accumulés au fil des mois.

La suite tient en deux chantiers : **remettre la collecte en service continu**, avec la supervision qui va avec, et finir le rapprochement automatique entre le dossier d’une chambre et son jumeau dans l’autre, qui alimente la représentation du parcours.

Il reste enfin une question qui n’a rien de technique : outil grand public, ou outil pour les journalistes et les associations qui produiraient les analyses. Les deux ne demandent ni le même travail ni la même responsabilité.

**Prochaine étape.** Collecte supervisée en continu, puis appariement entre chambres.

**La traduction.** [LoiClaire](https://noah-baron.fr/loiclaire), écrit pour ce tableau de bord et **bientôt en v1**.

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Source : https://noah-baron.fr/veille-legislative
